Capter et gérer au mieux le CO₂

La stratégie climatique du canton de Genève vise en priorité à réduire massivement les émissions de GES. Toutefois, afin d'atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050, il sera nécessaire de recourir également à des technologies d'extraction et de stockage de CO2 afin de capter les émissions « résiduelles », c’est à-dire les émissions ne pouvant être évitées par les mesures de réduction. Il s'agit par exemple d'émissions issues de l'incinération des déchets, des processus industriels et de l'agriculture. 

Les technologies de captation regroupent : 

  • Les technologies dites de captage et stockage du CO₂ (CCS) et de captage et utilisation du CO₂ (CCU), qui captent le CO₂ directement au niveau des installations industrielles ou des processus ; ce CO₂ doit ensuite être stocké (par exemple en couches géologiques ou dans le béton recyclé) ou valorisé (par exemple utilisation dans le maraîchage en substitution au CO₂ fossile)
  • Les technologies à émissions négatives (NET), qui visent à capter le CO₂ directement dans l'atmosphère et qui incluent des approches dites « naturelles » (reboisement, bioénergie). 

    Au niveau national, la stratégie climatique de la Confédération estime que d'ici 2050, les émissions résiduelles de la Suisse représenteront 12 millions de tonnes de CO₂ qui devront être stockées durablement chaque année, dont 5 millions de tonnes pourront être captées à la source grâce aux CCS et CCU, et 7 millions de tonnes devront être extraites directement de l'atmosphère avec les NET. Du fait d'une capacité de stockage limitée en Suisse, une partie de ces émissions résiduelles devra être stockée à l'étranger (la stratégie de la Confédération prévoit 5 millions de tonnes de CO₂ de NET à l'étranger). 

    La Loi sur le Climat et l'Innovation (LCI) indique dans son article 3 que « Dans le cadre de leurs compétences, la Confédération et les cantons veillent à ce que, au plus tard d’ici à 2050, des puits de carbone soient disponibles en Suisse et à l’étranger en quantité suffisante pour atteindre l’objectif de zéro net », ainsi le rôle et les compétences respectives de la Confédération et des cantons sur la mise en œuvre des CCS/NET dans le cadre de la LCI est à établir. À l'échelle du territoire genevois, une évaluation réalisée par le canton en 2022 a permis d'estimer un potentiel de captation par CCS et CCU d'environ 200'000 tonnes de CO₂e par année. Il convient de noter que le stockage de CO₂ en couches géologiques profondes sur le territoire genevois n'est pas envisagé à l'heure actuelle : les connaissances du sous-sol ne permettent pas aujourd'hui d'affirmer si les conditions géologiques sont réunies pour un tel stockage, et si c'était le cas, il serait nécessaire d'évaluer la compatibilité de ce stockage souterrain avec le développement de la géothermie. Concernant les NET, le potentiel de séquestration sur le territoire est estimé à 15'000 tonnes de CO₂e par année pour l'agriculture, et à 1'500 tonnes de CO₂e par année pour la stratégie d'arborisation. 

    Désormais, l’enjeu principal consiste à planifier la contribution du CCS et des NET pour atteindre les objectifs climatiques du canton, ainsi qu’à stimuler le développement d’initiatives de mise en oeuvre.

co-benefices Co-bénéfices

  • Développement à Genève d’un pôle de compétences techniques et économiques en rapport avec le CCS/NET
    Développement à Genève d’un pôle de compétences techniques et économiques en rapport avec le CCS/NET

Pilotes principaux

DDC

OCAN

OCEV

Etablissements de droit public

SIG, FTI

Autres entités impliquées

OFEV, Agricultrices et agriculteurs locaux, Industries du canton

Autres offices cantonaux

OCEN

Publics cibles

Entreprises

Effets potentiels sur la biodiversité

Chacune des fiches-actions du PCC 2030 est examinée sous l’angle de sa compatibilité avec les orientations des politiques en faveur de la biodiversité.

Dans ce contexte, sont listés ci-contre les opportunités à favoriser (+) et les risques à éviter (-) vis-à-vis des enjeux de biodiversité.

  • Amélioration de la qualité des milieux de stockage (sols, milieux forestiers, etc.)
    Amélioration de la qualité des milieux de stockage (sols, milieux forestiers, etc.)
Fiche-action 4.6

Actions

Dans le cadre du PCC 2025-2030, la fiche-actions 4.6 englobe 5 actions.

Le premier relevé de mise en œuvre des actions du PA 2025-2030 sera réalisé au printemps 2026 (soit environ une année après l'adoption du plan). Dans l'intervalle, et à quelques exceptions près, les actions sont considérées soit en phase initiale, soit en cours de réalisation (pour les actions en continu). L'état d'avancement des actions sera ensuite évalué systématiquement sur une base annuelle. 

Fiche-action 4.6

Indicateurs de suivi

Le suivi de la fiche 4.6 (Capter, stocker et/ou utiliser le CO₂) repose sur 4 indicateurs.

Ces indicateurs sont liés entre eux de manière positive ou négative, selon les cas de figure. Des liens directs existent aussi entre les indicateurs de MOYENS et les actions qui sont englobées dans la fiche (cf. diagramme ci-contre). 

Les actions n'ayant aucun lien avec les indicateurs de MOYENS sont toutefois monitorées à travers l'évaluation annuelle de leur état d'avancement (cf. catalogue d'actions). 

Nous vous invitons à lire la notice méthodologique ci-dessous expliquant le code-couleurs utilisé pour juger l'évolution des variables (cf. pastilles colorées à droite dans le tableau ci-dessous).

Fiche-action 4.6

Synergies avec les autres fiches-actions

Chacune des 35 fiches-actions du Plan climat se focalise sur une thématique spécifique lui conférant une identité distincte et autonome. 

Ces fiches-actions ne sont pas pour autant indépendantes les unes des autres. Au contraire, elles se renforcent souvent mutuellement à travers des synergies diverses.