L'agriculture doit poursuivre son adaptation et sa capacité d'innovation pour faire face aux changements climatiques. L'activité agricole a comme première finalité la production de denrées alimentaires. Toutefois, travaillant avec le vivant et les éléments naturels (sol, eau, air, énergie), elle a une interaction permanente avec l'écosystème local et, par conséquent, une action sur l'ensemble des services écosystémiques indispensables au bon fonctionnement de notre territoire.
Le défi pour l'agriculture genevoise est de pouvoir concilier les impératifs de viabilité économique d'une activité privée avec l'intérêt public de favoriser un écosystème fonctionnel générateur des services d'approvisionnement, de régulation et culturels. Ce défi est d'autant plus aigu dans un contexte de pression croissante, avec des savoir-faire de plus en plus complexes, au sein d'une concurrence internationale et avec des changements climatiques de plus en plus marqués.
Ces conditions nécessitent de réadapter les pratiques et impliquent le développement d'infrastructures efficientes pour maintenir un territoire vivant et productif. L’agriculture genevoise, pour s’adapter aux défis climatiques et fournir ses services, doit pouvoir compter sur un accompagnement à la hauteur des enjeux actuels et futurs.
Afin d’atteindre ces objectifs, la préservation des sols agricoles et de leur capacité de production doivent être encouragées, notamment par la promotion de l'agriculture de conservation des sols afin de maintenir voire d’augmenter leur teneur en matière organique, d'accroître leur fertilité et leur capacité hydrique tout en réduisant leurs érosion et lessivage suite aux précipitations plus intenses. Le développement et l'évolution des organismes nuisibles favorisés par le changement climatique doivent également être surveillés afin d’évaluer leur risque économique et de proposer une lutte ciblée sur leur stade de développement le plus sensible. L’évolution du climat nécessite également la réalisation d’essais afin de sélectionner des variétés / espèces adaptées et de promouvoir leur commercialisation tout en renforçant l'ensemble des filières. Il s’agira également d’investir dans des systèmes d’irrigation efficients s’approvisionnant dans des ressources durables (Lac / Rhône / nappes principales) ainsi que dans le développement tant d’alternatives aux énergies fossiles dans l'agriculture que du potentiel solaire des bâtiments agricoles.