La résilience climatique du canton est intimement dépendante d’une infrastructure écologique (IE) dynamique et qualitative. Cette dernière fournit en effet de nombreux services écosystémiques irremplaçables, tels que la régulation du climat, la pollinisation des cultures, la gestion des ravageurs et la protection contre l’érosion des sols. Elle contribue à renforcer la résilience de la population en atténuant les effets des inondations, des sécheresses et des tempêtes, mais elle agit également sur notre économie, nos activités, notre bien-être et notre qualité de vie.
L’IE, réseau de vie couvrant l’ensemble du territoire, fait référence à :
- Un système de «réservoirs de biodiversité», des espaces naturels de grande valeur écologique où les espèces (animales et végétales) peuvent s’abriter, se reproduire et se nourrir, ainsi que des milieux vulnérables, rares ou en danger ;
- Un système de «zones relais» et de «corridors biologiques», c’est-à-dire des zones de connectivité qui favorisent la mobilité des espèces entre les différents espaces de grande valeur écologique.
L’identification d’une IE prioritaire (y compris nocturne), recouvrant 30 % du territoire non urbanisé, permet de mettre en valeur l’ensemble des réservoirs de biodiversité, ainsi que les relais indispensables pour assurer leur vitalité. En permettant la migration des espèces et en les aidant à s’adapter aux perturbations écologiques amplifiées par les changements climatiques, la conservation d’une IE robuste est plus cruciale que jamais. Le concept de «connectivité adaptée au climat» est clef pour permettre aux espèces de s’adapter à de telles variations. La mise en place de corridors nécessite une étude approfondie des territoires pour identifier les emplacements les plus efficaces, en prenant en compte les impacts internes (physiologie, comportement, etc.), temporels et spatiaux de l’évolution du climat sur la biodiversité.
Dans le contexte des changements climatiques, il est également essentiel de repérer les lieux où le climat actuel restera le plus stable à l’avenir, de protéger les milieux qui jouent un rôle clef dans la conservation d’espèces fragilisées, de mettre en place un monitoring des milieux naturels (en complément à celui des espèces), de surveiller la propagation des espèces exotiques envahissantes, et de préserver et restaurer la trame noire en réduisant la pollution lumineuse pour protéger la biodiversité nocturne.
L’objectif de cette fiche est donc de renforcer cette IE, qui assure le bon fonctionnement de la biodiversité, son autorégulation, sa résilience et les prestations écosystémiques délivrées, par le biais de la mise en œuvre des actions de terrain du Plan biodiversité 2025-2030, soutenu par un projet de loi d’investissement sur l’IE.