Le cycle de l'eau est considérablement impacté par les dérèglements climatiques, souvent de manière irréversible.
En hiver, les volumes de précipitations sont plus importants, avec qui plus est une augmentation de la limite pluie-neige, tandis qu'au printemps et en été, alors que les pluies se font plus rares, elles sont plus intenses lorsqu'elles surviennent, entraînant localement une augmentation de l'exposition au ruissellement de surface. En altitude, la fonte des neiges plus tôt dans la saison modifie le régime hydrologique des cours d'eau tandis qu'en plaine, en été, les températures élevées augmentent l'évaporation et l'évapotranspiration, entraînant un assèchement des cours d'eau.
D’autre part, les travaux menés ces dernières années par le programme GEothermies ont permis de découvrir l’importante richesse en eaux souterraines de notre Canton. Le cycle de l'eau souterrain, dont la connaissance s'est accrue ces dernières années par le programme GEothermies, est également impacté. Ces ressources souterraines sont multiples et, pour certaines, sont en lien direct avec les eaux superficielles. Leur gestion pérenne est essentielle pour anticiper les effets du dérèglement climatique et favoriser leur résilience.
Les conséquences pour les personnes, les biens et la ressource sont nombreuses :
- Une augmentation de la pression (qualitative et quantitative) sur les ressources en eau pour différents usages (eau potable, géothermie, irrigation, soutien à l’étiage des cours d’eau, etc.), notamment en situation de sécheresse, dans un contexte de répartition et de gouvernance inégales de l'eau à l'échelle transfrontalière du Grand Genève.
- Une augmentation des dangers liés aux crues, notamment celles de l'Arve, qui menacent les quartiers denses de la Jonction, de Plainpalais, des Acacias et de La Praille.
- Une augmentation du ruissellement de surface, c’est-à-dire de l'inondation de la ville dense de l'intérieur par les pluies intenses qui y tombent.
Le ruissellement a aussi pour conséquence de déstabiliser des zones de glissement ou d’éboulis, comme par exemple aux falaises de Champel lors des fortes précipitations de novembre 2019, et les fortes précipitations peuvent provoquer des glissements spontanés et des coulées de boue.
Dans ce contexte de tensions et de risques accrus, il convient à la fois d'anticiper des problèmes futurs et de les prévenir en prenant aujourd’hui des mesures contre des situations qui se présentent déjà sur notre territoire. Les eaux superficielles et souterraines étant pour la plupart transfrontalières, un renforcement de la coordination et des procédures d'arbitrage est primordiale. La mise en oeuvre d’un véritable Observatoire des eaux doit permettre d’exploiter durablement ces ressources dans le contexte de la transition écologique et de l’adaptation aux changements climatiques. La généralisation des mesures liées à l'Eau en Ville, ou « Ville Eponge », constitue une manière efficace de rendre le milieu urbain plus résilient.