La stratégie climatique doit être portée par des entités publiques exemplaires. Cela concerne en premier lieu l’administration cantonale, mais aussi les différents IDP (SIG, TPG, HUG, aéroport, fondations immobilières, FTI, IMAD, etc.). Cette exemplarité est essentielle pour fédérer les actrices et acteurs du canton autour d’une ambition commune.
L’État de Genève s’efforce depuis plusieurs années à rendre compatibles les activités de son administration avec les principes de la durabilité. À cet égard, le Conseil d’État posait les bases d’un Système de Management Environnemental (SME) en 2001, dans le cadre de la loi sur l’action publique en vue d’un développement durable (A 2 60). Aujourd’hui, le SME de l’Etat de Genève englobe six thématiques complémentaires, toutes intrinsèquement liées aux objectifs climatiques fixés dans le PCC, à savoir : (i) les matériaux de construction (cf. fiche 4.4) ; (ii) le parc immobilier et l’énergie (cf. fiche 1.1) ; (iii) la mobilité (fiches 2.5 et 2.6) ; (iv) les déchets urbains (cf. fiche 3.5) ; (v) le numérique (cf. fiche 3.3) ; et (vi) les achats de l’administration (fiches 3.1 et 3.2). Ces thématiques font l’objet d’un suivi régulier et leur évolution est analysée à la lumière de cibles quantitatives définies à l’échelle de l’administration cantonale. L’Etat s’applique par ailleurs à concilier ses investissements financiers avec ses objectifs climatiques et à participer au financement de projets à l'étranger de réduction de CO2 et d'adaptation aux changements climatiques.
Le rôle de modèle de l’Etat face à l’urgence climatique a été récemment ancré au niveau législatif par la Loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat, sur l’innovation et sur le renforcement de la sécurité énergétique (LCI), du 30 septembre 2022. En effet, selon l’article 10.4 de ladite loi, les cantons doivent viser « au minimum l’objectif de zéro émission nette à partir de 2040 pour leur administrations centrales ». L’établissement d’un nouveau bilan carbone de l’administration d’ici 2028, comparable à ceux réalisés en 2011 et 2024, permettra d’estimer si l’Etat est bel et bien sur la voie du zéro net visé à l’horizon 2040 et d’envisager éventuellement des actions supplémentaires pour atteindre la neutralité carbone de l’administration d’ici une quinzaine d’années.
En ce qui concerne les IDP, l’Etat conclut avec eux des contrats de prestations et des conventions d’objectifs contenant des cibles quantitatives vis-à-vis de plusieurs enjeux de durabilité, parmi lesquels notamment la mobilité, la gestion des déchets, l’énergie, l’alimentation durable ou les achats responsables. Ces cibles, identifiées par les départements de tutelle respectifs en collaboration avec les IDP, concrétisent et opérationnalisent le devoir d’exemplarité de ces derniers et assurent une cohérence globale au niveau du Grand Etat.